En France, 1 028 établissements de santé disposent soit de lits identifiés en soins palliatifs, soit d'une unité de soins palliatifs, pour un total de 7 511 lits.
Cette répartition met en évidence la complémentarité des différents statuts juridiques dans l'organisation de l'offre de soins palliatifs.
En 2023, près de 141 000 séjours ont été réalisés en soins palliatifs dans les établissements de santé.
En complément, environ 200 000 patients distincts ont bénéficié d'au moins une intervention d'équipe mobile de soins palliatifs.
Les équipes mobiles jouent un rôle essentiel dans l'accompagnement des patients hors unités dédiées et dans l'appui aux équipes soignantes.
Le maillage territorial de l'offre de soins palliatifs demeure inégal, avec des disparités marquées entre départements.
Tous les départements disposent d'au moins une modalité d'offre (lits identifiés ou équipe mobile).
L'absence d'unité n'exclut pas toute prise en charge, mais peut limiter l'accès à des soins spécialisés pour les situations les plus complexes.
La moyenne nationale s'élève à 10,8 lits de soins palliatifs pour 100 000 habitants.
Cependant, 6 départements se situent en dessous de 6 lits pour 100 000 habitants, dont plusieurs en Île de France.
Cette situation illustre le paradoxe de l'ultra centralisation de l'offre à Paris intra muros, où l'on observe 33,7 lits pour 100 000 habitants, soit un niveau très supérieur à la moyenne nationale.
Ces écarts sont en partie liés aux flux inter départementaux de patients vers la capitale. Cette ultra centralisation de l'offre questionne toutefois la notion de réponse en proximité et peut s'appliquer à une vaste majorité des départements.
Le nombre de lits ne suffit pas à caractériser la réponse réelle aux besoins de la population.
Un territoire peut disposer d'un taux d'équipement élevé, mais si les lits sont faiblement occupés, cette capacité ne reflète pas une prise en charge effective.
Ainsi, certains départements présentent un niveau d'équipement proche ou supérieur à la moyenne nationale, tout en affichant une activité nettement inférieure.
Afin de mieux appréhender la réalité de terrain, l'analyse repose principalement sur deux indicateurs rapportés à la population :
Ces indicateurs traduisent plus fidèlement le niveau réel de prise en charge observé dans les territoires.
Cette approche permet de dépasser une vision strictement capacitaire pour intégrer l'usage effectif de l'offre. Pour en savoir plus sur la méthodologie, cliquez ici.
En parallèle, l'analyse croisée du taux d'équipement (lits pour 100 000 habitants) et de l'activité (séjours pour 100 000 habitants) montre une relation positive mais imparfaite entre capacité et usage. Des profils contrastés apparaissent : certains départements combinent un haut niveau d'équipement et une activité élevée, tandis que d'autres présentent un équipement important mais une activité faible, suggérant une sous utilisation relative des capacités disponibles ou des effets de parcours (orientation, accessibilité, report vers d'autres dispositifs, renoncement aux soins). À l'inverse, plusieurs départements affichent une activité très élevée au regard du nombre de lits, traduisant une forte rotation ou une pression sur l'offre, potentiellement liée à des flux de patients ou à des organisations territoriales spécifiques. Ces résultats justifient de ne pas interpréter le capacitaire seul, et de compléter la lecture par des indicateurs d'activité, de recours aux équipes mobiles et d'analyse des flux.
Plusieurs éléments peuvent expliquer les écarts observés :
Les résultats doivent donc être interprétés avec prudence et replacés dans leur contexte territorial.
Elles sont fournies dans un esprit de neutralité, sans intention de mettre en cause ou de juger les acteurs concernés, qu'il s'agisse d'établissements ou de zones géographiques spécifiques.
La démarche vise avant tout à interroger les situations observées, afin de susciter une réflexion constructive. L'objectif unique est de favoriser une évolution positive de l'offre, dans le but d'améliorer la prise en charge de la population. Ainsi, les données servent de base à l'analyse et à l'amélioration continue des pratiques et des services proposés.
C'est dans cette perspective que s'inscrivent les travaux d'Altense Consulting, dont l'ambition est de contribuer à une répartition plus juste et à une meilleure organisation de l'offre de soins.